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Amérique du Nord Las Vegas / Poker USA

Expérience Poker : 70 jours à Las Vegas

By on Août 1, 2014

Ma troisième fois à Vegas. Forcement, pas la même excitation. Les lumières de la ville et l’agitation permanente me laissent presque indifférent. Ce que je voulais, c’est m’asseoir plus de 40h par semaine à la table, monter des piles de jetons, tester mon mental, tenir face aux Bad Beats, me retrouver seul dans une chambre d’hôtel, seul à Las Vegas. Bouffer du poker jusqu’à plus faim. Après plus de 140h à table, il est l’heure de faire l’addition. Vous pouvez avoir la définition de tous les termes en orange, en cliquant dessus.

Le choix du casino

J’avais choisi le Treasure Island pour sa promo attrayante (bonus jusqu’à 400$ pour 40h de jeu par semaine) et ses 2$ de crédit pour manger par heure de jeu (c’est plutôt 1$ en général ailleurs). Utilisable dans tout le casino pour boire ou manger. Ce n’est finalement pas forcement le meilleur endroit pour faire de l’argent car la moitié de la table est en général là aussi pour la promo et est donc assez solide ou trop passive. Du coup, ça laisse moins de place pour les touristes, les gens bourrés et les mauvais joueurs en général.

Une journée poker type

Après 20 minutes de marche, j’arrive à la table vers midi. Quelques Regs sont déjà prêts à jouer. Je commande une barquette de frites ou une poutine avec l’argent que j’ai accumulé sur ma carte de joueur. Pendant mon mois de poker, je ne dépense quasiment pas un dollar en nourriture. Ensuite, je demande une boisson énergétique et/ou un cocktail à la serveuse de la salle contre un tip d’un dollar. Je joue entre 3 et 8 heures de suite en fonction de ma forme, de mon envie et de ma réussite. Souvent je reprends à manger en partant (5$ les frites) ou craque pour un buffet (environ 30$ au casino, 10$ à mon hôtel). Et la plupart du temps, je rentre à l’hôtel directement, lessivé.

mai tai poker room

Le Mai Tai, mon cocktail préféré à Vegas

Garder le mental, jour après jour

Au poker quand on joue en Cash Game, il n’y a jamais de réel satisfaction à quitter la table avec un bénéfice. Quand on estime jouer à peu près décemment au poker, c’est normal. Mais quand vous passez une mauvaise journée et enchaînez les bad beats, le retour à la chambre d’hôtel peut être difficile. Sur le long terme, seule une victoire ou une belle performance dans un tournoi est vraiment satisfaisant. Encore faut-il pouvoir se les payer…

Jour #4 après une journée de 8h d’affilées, 5 redbull et 505$ de gains, je me disais que c’était assez spécial de rentrer se coucher à minuit et demi, épuisé, alors que les mini-jupes sont de sortie et l’ambiance à son comble. 20 minutes de marche, en une seule soirée, ça peut juste être le temps de recaler une pute, d’être invité dans des strip-clubs, de croiser un tas de clochards et de gars chelou et de manger un câlin de la part d’un mec bourré. Pas de doute, faut être solide pour tenir dans cette ville.

Au jour #8, je tirais un premier bilan après une première semaine de 33h de poker. Hier, j’étais passé de -140 à +90 après 6h de poker et 5 cocktails. Je termine avec +829$ agrémenté d’un bonus de 200$ et 66$ en « tickets restaurant ». Plutôt à l’aise à la table, motivé et concentré, j’ai passé quelques gros bluffs, sans avoir spécialement de chance ni de malchance. Jusqu’ici, tout allait bien. Les semaines suivantes seront beaucoup moins évidentes.

Ti poker room

Quand tout se passe bien…

Jour #11 : Tout ce que j’ai gagné aujourd’hui, c’est d’être dragué à la table par une asiatique en nuisette et aux seins siliconés. Au 3e jour de poker de la semaine à 11h30 je suis à -400$. Au bout de 3h de jeu, je perds 200 de plus sur un coup inévitable. Je m’inscris à 15h à un tournoi à 60$ au Harrah’s. Je termine 3e sur 42 pour 260$ de bénef’ après 4h de jeu. Je perds 20$ au Black Jack pour me détendre, avant de retourner à la table perdre un pot de 300$ sur une horreur. Au bout de 4h de jeu et après avoir été positif de 150$ je pars finalement avec -50$.
Bilan de la journée : 11h de poker, -10$ sur le compte. Pas facile.

walter white poker

Jouer à la même table que Walter White, ça peut faire peur…

Jour #14 : ma deuxième semaine sera plus légère, 22h de poker quasiment uniquement composées de bad beat. Je me rassure en me disant que j’ai de quoi manger gratos pour toute la semaine prochaine avec mes quelques 40$ sur ma carte de joueur.
La 3e semaine sera tout aussi difficile en terme de poker. Le fait d’avoir un hôtel plutôt sympa et pas cher (Silver Sevens), une piscine, un jacuzzi et des petits dej. énormes pour 5$ ne me fait que très peu d’effet.

Jour #20 :  je me suis levé à 9h pour faire un tournoi à 120$ avec 2h de sommeil. C’est mon seul week-end loin du Strip, 1 petite heure de marche. Je joue une main en 1 heure puis perds avec AA vs KK. Il est juste midi.  Je retourne jouer 7h d’affilé en cash game et fini avec +350$. Il est maintenant 21h30, c’est samedi soir, je n’ai envie de rien.
Expression de la semaine : pas facile de gagner sa croûte.

Dernière semaine de cash game toujours difficile. Je m’accroche pour tenir plus de 42h à la table. Je laisse notamment passer un pot de 650$ et mange toute sorte de sales coups. Au bout d’un mois, le bilan est modeste, +804$ et des kilos de frites et autres cochonneries gratuites. Ce qui au final est tout de même un sacré budget. C’est en effet assez difficile de manger pour pas cher si on commence à en avoir assez du McDo. En dehors de l’aspect financier, je suis très satisfait d’avoir tenu le rythme et de n’avoir quasiment jamais tilté malgré les nombreux mauvais coups et le manque de réussite pendant 3 semaines. Je peux tout de même cocher « revenir positif avec plusieurs semaine de poker à l’étranger » dans ma liste de choses à faire avant de mourir.

Mon 2e mois sera moins riche en Poker, des amis étant de la partie. Je pars en road trip dans le Red Rock Canyon et teste tout un tas d’hôtels et de soirées. Je fais tout de même une belle 28e place sur 350 joueurs (je termine dans les gains) dans un tournoi sur 2 jours à 250$ au Venetian. Mon pote a terminé 26e et quelques minutes plus tard nous décompressions gratuitement dans les piscines du Caesars Palace

caesars palace piscine

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5 Comments
  1. Répondre

    Virginie Touchard

    Sep 4, 2014

    ouf! je suis épuisée après cette lecture! Bravo!

  2. Répondre

    cyril

    Mar 27, 2015

    Bonjour,

    J’aimerais savoir comment tu as fait pour financer l’hotel, combien ca t’a couté.

    • Répondre

      Thibaut Schweppes

      Mar 30, 2015

      Salut Cyril,

      Je louais mon appart’, j’ai passé un week end en auberge sinon j’étais au Silver Sevens ou au Mardi Gras (env. 30$), j’ai fait un mois seul et un autre à deux ou 3. Mais à l’époque le dollar était avantageux et les prix moins chers, ce n’est plus le cas.

  3. Répondre

    Julien

    Août 22, 2016

    Gros gars !!! Je viens d’arriver à Vegas pour la première fois et comme toi, je veux faire mon expérience pokeristique. Ton article est très intéressant… Tu as privilègié le cash game aux tournois ?
    Pouquoi ?
    Je m’explique, je me sens beaucoup plus à l’aise en tournois.
    Tu penses pas quil y’a moyen de gagner des petits tournois à 60$ 15 players régulièrement ?

    • Répondre

      Thibaut Schweppes

      Août 24, 2016

      Je voulais éviter ces petits tournois où le casino prend 20-30% et où les blinds augmentent trop vites pour vraiment parler de poker sérieux. Moi aussi je préfères les tournois, il y a de bonnes séries de tournois au Venetian ou au Ph et des quotidien à l’Aria 😉 Depuis j’ai une BK un peu plus confortable alors je joues entre 150 et 300$ le tournoi de temps en temps.

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THIBAUT SCHWEPPES
Thonon les bains

Gamin voyageur, malicieux, tête en l'air, gros mangeur, joueur de poker, j'aime compléter ma collections de pieds autour du monde et partager mes aventures sur mon blog voyage. À travers des vidéos ou des récits j'espère que vous ferez un bon voyage.

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